La société de défiance

La société de défiance. Comment le modèle social français s’autodétruit ? C’est le titre du livre écrit par YANN ALGAN ET PIERRE CAHUC paru en 2007 ! Le sujet est d’actualité et depuis 2007, malgré les différentes réformes la confiance ne revient pas, pourquoi ?

« La France est engagée dans un cercle vicieux dont les coûts économiques et sociaux sont considérables. Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés révèlent qu’ici plus qu’ailleurs, on se méfie de ses concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette défiance allant de pair avec un incivisme plus fréquent…

Or la défiance et l’incivisme, loin d’être des traits culturels immuables, sont alimentés par le corporatisme et l’étatisme du modèle social français. En retour, le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l’État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social.

En comparant les relations entre les performances économiques et les attitudes sociales dans une trentaine de pays du début des années 1950 à nos jours, Yann Algan et Pierre Cahuc montrent comment ce déficit de confiance réduit significativement l’emploi, la croissance et, surtout, l’aptitude des Français au bonheur. »

Le déficit de confiance s’est diffusé dans tous les domaines. La consommation avec la défiance vis à vis des produits industriels et l’essor d’une application comme Yuka montre le besoin der assurance. La politique avec le dégagisme qui laisse la place à des mouvements comment les gilets jaunes. Le dialogue social, avec la perte de légitimité des organisations syndicales et un pouvoir politique qui essaie de se passer de la démocratie sociale. L’entreprise avec des salariés qui expriment des doutes sur la stratégie de l’entreprise et qui sont méfiants sur les messages trop « institutionnels ».

La fonction RH au sein des entreprises a un rôle à jouer importer sur le renforcement de la confiance. Cela passe par des valeurs fortes, une éthique qui garantisse le respect des individus, une proximité et des liens sociaux. Dans un contexte de transformation des métiers et des organisations, les 5 défis de la fonction RH pour 2020 sont à mon sens :

Donner du sens, travailler sur la « raison d’être », avoir des objectifs collectifs de long terme
Développer la bienveillance, considérer que l’échec est une source d’apprentissage quand cela se situe dans une perspective d’amélioration et d’innovation, donner des marges d’autonomie
Cultiver la diversité, veiller à l’égalité professionnelle, mettre à profit les différences pour générer des débats et des idées nouvelles
Ecouter, développer des espaces de discussions, concevoir la communication comme un processus ascendant, accepter d’être critiqué, être humble et apprendre des autres quelque soient leurs positions dans l’organigramme, miser sur l’intelligence collective
Donner confiance, conforter les liens sociaux et la solidarité, développer des projets fédérateurs, offrir des perspectives, prendre des risques en misant sur le potentiel et les motivations et pas seulement sur les succès passés.

http://www.cepremap.fr/depot/opus/OPUS09.pdf

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